Le concept du « Ma » ou la célébration du vide : ce que mon voyage au Japon m’a appris
En Occident, nous avons souvent peur du vide et du silence. Alors, nous les comblons. Nous remplissons nos agendas, nos maisons et nos conversations jusqu’à la saturation.
Au Japon, on l’accepte et on le considère comme une richesse. Le vide est précieux car il permet l’introspection, apaise le mental et favorise la clarté intérieure. Ce concept s’appelle le Ma. C’est l’intervalle qui relie et donne du sens. C’est comme le silence entre deux battements de cœur : c’est ce vide qui permet au prochain battement d’exister. Le Ma, c’est le pouvoir de l’espace libre pour mieux respirer, penser et ressentir. Regardez un jardin zen : ce qui le rend beau, ce n’est pas seulement le rocher, c’est le sable vide tout autour.
Ma rencontre avec l'art du vide
Lors de mes deux voyages au Japon, j’ai eu l’occasion de vivre ce Ma. Il fait désormais partie des trésors japonais que j’ai ramenés en France et que j’applique dans ma vie de tous les jours, au même titre que le Kaizen que j’ai mentionné dans mon précédent article.
Quand on voyage, on veut souvent profiter de chaque instant et tout voir. On charge les journées pour ne pas en perdre une miette. C’est précisément à ce moment-là que le Ma s’est imposé à moi. J’ai appris à accepter ce vide et ces silences lors de mes visites de temples, que ce soit à Kyoto, à Miyajima ou au temple zen de Fukuoka. Je m’asseyais dans le silence et j’observais simplement ce qui m’entourait. J’ai compris alors que le vide n'était pas un manque, mais un ancrage. Mon esprit s'apaisait et mon corps entier le ressentait.
Lors d’une visite dans un jardin zen, j'ai réalisé que le silence qui y régnait faisait plus de bien qu'une heure de thérapie.
Trouver le silence au cœur du chaos
Ce vide et ce silence, je suis même parvenue à les trouver à Tokyo. Lors de mes visites au parc Shinjuku Gyoen ou au temple Senso-ji, j’ai eu l’impression d’être dans une bulle, comme si le temps s’était arrêté. Il n'y avait plus de bruit, juste du beau, de la nature et du sacré, alors même que j'étais entourée de buildings et de l'agitation urbaine.
Comment intégrer le Ma dans votre quotidien ?
Depuis mon retour, j'essaie d'appliquer ce concept dès que je me sens acculée ou saturée. Voici quelques habitudes simples que j'ai mises en place :
Accordez-vous chaque jour au moins 15 minutes sans téléphone ni musique. Cela apaise l’esprit, aide à prendre les bonnes décisions et laisse germer les idées. Dans une conversation, prenez aussi une inspiration avant de parler : cet intervalle de silence améliorera instantanément la qualité de l’échange.
Entre deux rendez-vous ou deux tâches, j'essaie de glisser un intervalle de 10 minutes pour permettre une véritable transition mentale. Enfin, j'évite de saturer ma maison d’objets. Laisser un mur nu, sans tableau, c'est aussi laisser son esprit respirer.
Pour conclure, le Ma n’est pas une absence, c’est une promesse de liberté et de clarté. Dans ma vie de tous les jours, cette pratique m'aide énormément à garder un esprit apaisé.

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