Aux origines de ma passion pour le Japon

Aux origines de ma passion pour le Japon

Ma première rencontre avec le Japon n'a pas été physique — sur place, je veux dire. Elle s'est passée pendant mon enfance, à travers les dessins animés venus tout droit du Japon qui ont pris le pas sur les fameux Walt Disney. Dans ma chambre, on pouvait trouver des cartes postales de geishas sous les cerisiers en fleurs, de samouraïs en tenue de guerrier en pleine action, un joli éventail aux motifs japonais, une jolie boîte à bijoux ronde en bois avec un intérieur rouge et une geisha peinte dessus, des bandes dessinées sur les aventures d’une jeune électronicienne japonaise vivant en Belgique, et même un désir de petite fille de me marier avec un Japonais. Dès le départ, le Japon m'a attirée sous différents angles, sans que je sache d'où cela venait... Le temps a passé, et le fil de la vie a fait que je ne pensais plus au Japon, vraiment plus du tout, ou tout du moins de loin .

Et un jour, alors que je ne m'y attendais pas, le Japon s'est rappelé à moi. J'ai eu une envie soudaine et inexplicable d’apprendre la langue japonaise et son alphabet, être capable d'avoir et de comprendre une conversation avec des Japonais. Par la suite, plein de choses se sont mises en place naturellement, l'achat de livres pour apprendre le japonais, regarder des séries et films en version originale sous-titrée, l'inscription sur un site de rencontre international, Tandem, qui m'a offert une proximité avec des Japonais et permis de connaître leur vie quotidienne — enfin, ce qu'ils ont bien voulu me partager. Comparer nos deux pays, partager leur amour pour la France et le mien pour le Japon, découvrir leurs traditions, leurs repas préférés... Bref, partager un petit bout d'eux et un petit bout de moi. J'ai eu la chance de faire une belle rencontre en la personne de Take, avec qui il y a eu une entente dès le départ. Il m'aura beaucoup apporté touristiquement parlant.

Le Japon était constamment dans mon esprit. Je ne pensais qu'à ce beau pays, au travers de discussions outre-Pacifique, de livres qui m'ont été offerts — car tout mon entourage avait senti cet engouement. Le plus beau, c'est quand ma sœur, hôtesse de l'air chez Air France, m'a proposé de l'accompagner sur un vol pour Tokyo. Mon sang n'a fait qu'un tour. J'ai ressenti une joie et une excitation tellement intenses. C'était il y a deux ans déjà, et je peux encore ressentir ce sentiment très puissant au fond de moi. La petite fille qui était en adoration devant ce Japon était la plus heureuse de pouvoir enfin poser un pied sur ce sol qui lui semblait si ancestral, mythique et lointain. J'ai l'impression d'avoir attendu ce voyage depuis toute petite...

À partir de ce moment, mon obsession a été de préparer mon voyage. J'ai fait refaire mon passeport et toute la paperasse que cela comporte. Bizarrement, rien n'était laborieux, fastidieux ou contraignant à faire. Tout me paraissait simple et évident, comme si j'étais sur un petit nuage, boostée par une pile puissante. Je ressentais que tout allait bien se passer et que quelque chose de magique et d'intense allait arriver. Je me suis rendu compte en le préparant que tout était possible quand on en avait envie, et que lorsqu'on est décidé dans sa vie à aller vers ses choix et ses envies, il faut se mettre en action — et tout peut arriver. Ce voyage, je le ressens comme une étape nécessaire sur mon parcours de vie pour aller vers autre chose.

Parallèlement, j'ai continué d'échanger avec Take. On a commencé à organiser des moments ensemble pour ces trois petits jours, afin de me partager entre lui, ma sœur et mon beau-frère. Take était content de savoir que je pouvais venir visiter son pays dont il est si fier. C'est un sentiment que je retrouve à chaque fois que je parle avec un Japonais : cette fierté et cette envie de se mettre au service du touriste pour devenir le meilleur guide, comme un ambassadeur. J'aime beaucoup cela, et j'avais hâte de le découvrir dans ce rôle. Je savais que ma visite au Japon en ressortirait grandie.

J'ai également accéléré mon apprentissage du japonais car Take ne parle pas bien anglais. Je ne voulais pas qu'on soit bloqués à cause d'un problème de langue, et puis j'avais envie de lui faire honneur en parlant quelques mots en japonais.

Régulièrement, nous correspondions  avec ma sœur au sujet du vol. Mon billet retour était bien bloqué, mais pas mon billet aller. J'étais donc assez mitigée dans mes émotions : me préparer à partir, mais pas trop m'emballer au cas où je ne pourrais pas avoir ce billet. Je suis d'une nature émotive, et on peut dire que là, tous mes sens étaient en action. La nature des questions que je lui posais semble ridicule avec le recul, mais bon, cela faisait partie de mes inquiétudes : comment m'habiller pendant le vol ? Une fois là-bas aussi ? Dois-je prendre un adaptateur ? (Il se trouve qu'à l'hôtel où nous étions, nous n'en avions pas besoin.) Puis-je prendre mon parfum, mes crèmes ? Bref, puis-je prendre un peu de mon quotidien nécessaire dans ma mini-valise cabine ?

Et puis, le 13 octobre, je reçois un message d'elle : « Fais tes valises!!!! » Quelle libération, quelle joie, quel bonheur ! Tout devient concret, et la prise de conscience de tout ça, je la prends en plein dans mon cœur. Aussitôt, une joie me gagne et me remplit de bonheur — un réel alignement. Dans la foulée, j'ai contaminé Take de cette joie. À partir de là, il s'est mis en tête de tout organiser : les visites et le restaurant dont il m'avait parlé lors de nos derniers échanges.

La machine était en marche. Autour de moi, tout le monde était content pour moi. Après, tout a été rapide : derniers ajustements pour organiser mon remplacement à la cave à vin, finir mes valises, préparer mon trajet pour retrouver ma sœur et son mari à Montpellier. Le 16 octobre au soir, décollage pour Paris pour pouvoir embarquer le lendemain au petit matin pour Tokyo. Mes sentiments à ce moment-là sont indescriptibles tellement ils sont forts. Je suis prête. Tokyo, Take, pays du Soleil-Levant, me voilà ! Je sais, et je me dis aussi d'avance, que le retour sera difficile, comme si un rêve se terminait. Mais je veux en profiter au maximum et en pleine conscience — ou le principe de l'Ichigo Ichie (le carpe diem japonais).

Jour J, départ pour Tokyo, j'ai très peu dormi à l'hôtel à Paris, sûrement dû à l'excitation du voyage. Mais bizarrement, je ne me sens pas fatiguée.

Pendant le vol, je suis assise pas très loin de là où travaillent ma sœur et mon beau-frère, et ils me chouchoutent. C'est adorable de leur part. J'ai le droit de manger et boire quand je le souhaite, un casque anti-bruit — ce qui est très pratique et aide à l'endormissement.

Mais il y a aussi les deux petits garçons non accompagnés qui sont assis juste à côté de moi. Âgés de 6 et 10 ans respectivement, ils sont adorables mais tellement dissipés, et si touchants. Leur maman les a mis dans cet avion pour aller voir leur père au Japon. Ils ont donc des moments de pleurs et de tristesse. J'ai pris naturellement le côté maternel avec eux, ayant moi-même deux fils. J'ai essayé de les distraire, les faire jouer et les consoler quand ils pleuraient... Mais tout cela ne m'a pas vraiment permis de dormir pendant le vol. Je commençais à m'inquiéter de ce manque de sommeil entre la veille à Paris et là, sur ce vol. Puis tout le monde me disait : « Dors, ou dormez, sinon vous n'allez pas profiter de votre court séjour à Tokyo. » J'ai décidé quand même de me reposer un peu, mais vraiment très peu. Nous commençons notre atterrissage et, malgré la fatigue, je vais bien. Je suis sur pilotage automatique. Je sais que ça va passer très vite, et je veux être consciente de tout, de chaque instant, comme si c'était le dernier de ma vie.

Je débarque de l'avion. Nous sommes au petit matin. Suite à un contrôle de notre passeport aux douanes par des Japonais — premier contact humain sur ce sol, pas véritablement sympathique, juste normal — et après une longue marche au travers de tapis roulants, j'arrive au hall principal de l'aéroport d'Haneda. Le capitaine du vol nous conseille de faire tamponner notre passeport avec le tampon de l'aéroport.

Mon cœur bat la chamade. Je suis à Tokyo,J'y suis pour de vrai!!!! Je vais voir Take. Je lui envoie un message et la première chose qu'il me dit, c'est : « Bienvenue sur le sol japonais et merci de venir dans mon pays » Il est actuellement en chemin pour venir me récupérer à l'hôtel. Pour ma part je prends la navette qui nous amène à l'hôtel.

Je sais que ça va passer très vite, ces trois jours. Je veux les vivre en conscience, sans prendre en compte ma fatigue.

Arrivée à l'hôtel une odeur délicieuse est diffusée, une odeur que je ne connaissais pas : l'osmanthe, arbre qui fleurit seulement en automne.

Me voilà maintenant dans ma chambre. Elle est magnifique, avec une vue à couper le souffle en plein quartier de Shinjuku, au milieu de buildings d'une hauteur vertigineuse. Style moderne, mais avec aussi des panneaux coulissants au niveau de la fenêtre qui me font penser à un style ancien comme on peut en voir à Kyoto. Les fameuses toilettes japonaises avec tous les boutons — ce sont les premières que je vois. Après avoir pris le temps d'inspecter le petit écrin qu’on avait mis à ma disposition, la sonnerie du message de Take m'indiquant qu'il est proche de l'hôtel me plonge dans un moment d'euphorie et d'excitation, tout en étant pressée par le temps. Vite, une bonne douche pour évacuer la saleté de 19 heures dans un avion et dans les aéroports, et pour m'aider à me ressaisir. Un bon coup de maquillage pour réduire les traces de fatigue sur mon visage. La tenue, je l'avais déjà imaginée en France. Un peu de mon parfum préféré, mon Guerlain. Me voilà prête. Je sors de la chambre et prends l'ascenseur pour rejoindre le hall. Il m'attend en bas. Je me sens de plus en plus excitée. J'ai les jambes qui tremblent, le souffle coupé, mais j'avance sans réfléchir. Je suis comme guidée par une force mystique qui a pris le contrôle de mon corps. J'ai l'impression d'être dans un film. Je suis l'héroïne et je rejoins mon correspondant ... Arrivée en bas, il y avait beaucoup de monde. Mes yeux cherchent partout autour de moi, mais pas de Take. Je passe entre tous ces gens et me dirige vers la sortie. Au loin, j'aperçois sa voiture garée sur le parking. Aucun doute, il est bien là, mais où ? Je décide de retourner à l'intérieur, et là, sorti de nulle part, je tombe nez à nez avec un charmant homme japonais qui ne m'est pas inconnu : mon Take, tout souriant, avec dans ses bras un énorme bouquet de roses jaunes. Ça y est, la rencontre devient réelle. Tout commence. Après nous être pris dans les bras chaleureusement, nous nous dirigeons vers sa voiture. Il prend mon sac à main et m'ouvre la porte — un vrai gentleman. Je me sens vivante et heureuse. Même si j'ai les jambes qui tremblent, tout va bien. Ici et maintenant, je vis en pleine conscience tout ce que je vis là, et l'enregistre dans ma mémoire et mon cœur pour toute ma vie. Direction Yokohama...

Sur la route, on commence à discuter, à rigoler. Je suis sous le charme. Je l'observe pendant qu'il conduit. Je regarde en détail son visage, ses mains, sa tenue vestimentaire. Moi qui d'habitude suis très peureuse en voiture, pour une fois, je me laisse porter. Je me sens légère et en totale confiance. J'en profite pour observer les autoroutes japonaises et le fait de rouler à gauche. Cela me rappelle Londres ou dans le cadre de mon BTS Tourisme à Cannes, j'avais fait un stage d'un mois à Londres dans une agence de voyage. Un soir, ma responsable m'avait ramenée en voiture. Cela faisait bizarre d'être assise de ce côté et de voir conduire du côté opposé.

Nous voilà arrivés à Yokohama. Take me guide vers le centre de cette ville. On passe devant le fameux bateau Nippon Maru Memorial Park. Il prend le temps de m'expliquer son histoire. On déambule dans la rue. On croise beaucoup de regards de Japonais qui nous observent , je lui demande s'ils sont étonnés de voir ce genre de duo franco-japonais. Il me dit que oui, ce n'est pas si courant. En attendant de traverser sur le passage piéton, je remarque le fameux petit bruit qui les caractérise, et que j'entendrai tout le long de mon séjour à Tokyo et ses alentours. Le bruit des corbeaux est également très présent. Nous nous installons dans un café Starbucks. J'étais gênée parce que je n'avais pas d'espèces sur moi. Dans la précipitation, je n'ai pas retiré d'argent à l'hôtel. On avait convenu avec Isa qu'on utiliserait seulement leur carte bancaire pour ne pas avoir de frais bancaires, car ils ont des cartes spéciales pour l'étranger au vu de leur métier.

La seule banque où j'aurais pu retirer des espèces était fermée. Il m'a gentiment invitée à boire un café. J'ai accepté.

Nous nous sommes assis au fond et on a commencé à discuter. On a échangé sur nos pays respectifs. Il semble littéralement différent du Japonais classique. Il a les cheveux en vrac, et cela fait son style. J'adore. Il rigole beaucoup malgré une retenue naturelle. Il est assez ouvert et plutôt critique envers ses compatriotes et son pays : leur manque de connaissance en langues étrangères, leur timidité, le fait qu'ils sont en adoration devant les Européens. Je ressens un vent de liberté chez lui, et j'aime ça.

On s'observe. On se regarde droit dans les yeux. Je bois ses paroles, il boit les miennes. Rien n'existe autour. Il n'y a que nous... Seul le temps nous sépare dans ce moment parfait. Je dois rentrer à l'hôtel et rejoindre Isa et son mari Olivier. C'était convenu comme ça. Je sais que je vais me partager en deux pendant ces trois jours et faire plaisir à tout le monde.

On a convenu de se retrouver le lendemain pour une fin d'après-midi, une soirée typique dans un restaurant unique

Il me dépose à l'hôtel.C'est bizarre , c'est comme si on se connaissait depuis longtemps. Un vrai bonheur déroutant et déstabilisant... Je rentre dans ma chambre. Je veux déposer son bouquet de fleurs, je trouve un vase improvisé, puis retrouve Isabelle et Olivier. Direction la visite du temple Sensō-ji. On a pris le métro. C'était la première fois pour moi. Très sympa. C'est très propre, bien organisé. Ils sont très bien disciplinés, les Japonais : bien alignés, silencieux, respect total. On a donc visité ce temple. J'étais encore transportée par la matinée que j'avais passée avec Take. On arrive devant ce temple magnifique, avec devant une grosse lanterne rouge très imposante et des écritures kanji en noir dessus. Il faisait bon, c'était très agréable, même s'il y avait une légère bruine. J'avais mon parapluie et on a fait de belles photos. Ce qui m'a paru très étonnant et fascinant, c'est que c'est un endroit religieux et il est rempli de monde. Il y a beaucoup de bruits, de commerces, et malgré ça, on est tellement absorbés par le lieu et ces couleurs rouges puissantes qu’on a le sentiment d'appartenir à une autre époque. On traverse la rue et on retrouve la modernité de Tokyo. Il semble échapper à tout cela, c'est un écrin historique au cœur de la ville. J'ai pu m'approcher d'un endroit où il y avait une vasque remplie de bâtons d'encens et des sources également. D'ailleurs, un monsieur âgé japonais a eu la gentillesse de m'expliquer le fonctionnement et la fonction première de ces petites fontaines. C'est pour purifier les mains avant de prier ou d'entrer dans le temple. Il faut prendre la cuillère en bois et  se laver la main.

Le soir venu, nous sommes allés manger dans un restaurant — mon tout premier. Il fallait s'installer à un comptoir et passer une commande avec la tablette. J'ai choisi une crevette tempura et une boisson du saké. Je me suis régalée. C'était délicieux, raffiné et léger. Le saké n'était pas fort, contrairement à ceux qu'on peut déguster en France à la fin d'un restaurant asiatique. J'ai tenu toute la journée. Cela faisait deux jours que je n'avais pas dormi, mais j'étais tellement contente d'être là. Je l'ai vécu en pleine conscience. Après le repas, on est partis se promener dans Chiyoda. J'ai tenu bon. Dans un supermarché j'ai été très agréablement étonnée de la façon dont ils présentent les fruits. C'est tellement bien fait, avec précision — ça donne envie de les goûter. La nuit, la ville est très animée : beaucoup de gens, de couleurs, de lumières, de néons. On a goûté les taiyaki, ce fameux gâteau fait minute en forme de poisson. On l'avait pris au chocolat. J'ai été un peu déçue, pour être honnête. Je m'attendais à un autre goût. On rentre à l'hôtel et, après avoir tout donné dans cette journée, je prends une bonne douche qui relaxe mon corps qui a tout donné. J'ai puisé, sans le savoir, dans toute l'énergie qui était disponible. Mon lit, ce très grand lit, me tend les bras, et je m'y enfonce comme dans du beurre. En l'espace d'un instant, je tombe dans les bras de Morphée...

Réveil matin. Je me sens en pleine forme. J'ai pu recharger mes batteries et je n'ai vraiment pas ce ressenti de jet-lag. Je suis à l'heure japonaise. Mon corps et mon esprit sont bien alignés. Petits échanges de messages avec Take pour se mettre d'accord pour notre soirée. OK, rendez-vous pris pour 17h00 devant l'hôtel. C'est tellement plus facile, pratique et plaisant d'échanger sur le même fuseau horaire. Je descends à la réception pour rejoindre ma sœur et son mari pour prendre le petit-déjeuner. Quel merveilleux buffet ! On y trouve des mets continentaux classiques en boissons et repas, mais aussi quelques spécialités japonaises.

Des soupes misos et porridge japonais “okayu”; poissons grilles , tamago , omelette japonaise sucrée ; Riz blanc et condiment “Furikake”; légumes marines “Tsukemono”; nouilles asiatiques “Udon, ramen, soba”; jus de fruits pressés à la minutes .

Pour ma part, ça ne sera qu'un café et un smoothie fraise onctueux et délicieux.

Départ de l'hôtel direction le parc de Shinjuku Gyoen. Le temps est parfait : un soleil radieux et des températures automnales très chaudes pour la saison, on avoisine les 30 degrés .

C'est un très joli parc, calme, en plein milieu de cette grande ville bruyante et surpeuplée. Petit havre de paix, il existe trois styles de jardin. Le jardin japonais traditionnel, c'est le cœur historique du parc, avec de grands étangs, des ponts, des arbustes, un pavillon taïwanais inspiré de la Chine qui offre une belle vue sur l'étang, et une maison de thé pour y faire les cérémonies. Il y a également un jardin à la française, formel et romantique, très apprécié pour ses roses au printemps. Et enfin le jardin à l'anglaise : pelouses très vertes, arbres majestueux, endroit idéal pour les pique-niques. Et tout ça au milieu des gratte-ciel — c'est un vrai poumon pour la ville, et c'est tellement apaisant.

Ensuite direction le temple d'Akasaka, où on a pu assister à une cérémonie pour les enfants, plus spécifiquement adressée aux 3, 5 et 7 ans. Cette coutume a pour but de célébrer le fait que ces enfants aient pu atteindre ces âges. Il y a 100 ans de cela, les enfants mouraient beaucoup à ces âges-là, donc c'est une façon de remercier les dieux.

Les enfants, garçons comme filles, sont habillés en tenues de cérémonie. Il y a dans l'atmosphère de la bienveillance et du sérieux. Les enfants se prêtent vraiment au jeu, même les tout-petits, devant des parents en adoration. Je suis ébahie devant tout ça. C'est exactement ce que j'aime et ce que je voulais voir du Japon : ces traditions dans des costumes traditionnels, de la bienveillance, de la sérénité, du respect, des couleurs. J'aimerais tellement avoir la même chose en France ou en Europe .

Ensuite, on s'est dirigés vers le palais impérial. On n'a pas pu le visiter ce jour-là, il était fermé, mais à coté se dresse une statue immense d'un samouraï sur son cheval : Kusonoki Masashige, chef militaire pendant la période Meiji qui a soutenu la restauration du pouvoir impérial par l'empereur Go-Daigo en 1330. C'est un exemple de loyauté impériale et un héros national. Cette statue a été érigée en 1900, c'est un symbole très fort pour les Japonais. Cette statue est sublime et imposante. La journée est magnifique, le temps estival. C'est très agréable, mais il faut retourner à l'hôtel pour que je puisse me préparer pour ma soirée au restaurant avec Take. En chemin, non loin de notre hôtel, on tombe sur un concert de rue de J-pop : un groupe de jeunes filles en tenues style K-pop, colorées, petits shorts et bottines, style kawaii. Elles chantent et dansent sur une chorégraphie très rythmée sous les acclamations d'un public pratiquement masculin et pas si jeune que ça.

17 heures, me voilà prête. Je descends et surprends Take en passant juste derrière lui pour lui faire la surprise, comme il me l'avait fait la veille lors de notre première rencontre. Je suis contente de le retrouver et je lui fais honneur en étant habillée d'une robe, de talons hauts et d'une veste en jean. Il m'avait dit de ne pas trop m'habiller, mais en même temps, il m'invite dans un restaurant à Yokohama qui, selon ses dires, est très réputé. Il faut réserver à l'avance — des hommes d'affaires et des gens connus s'y rendent. Je me dois d'être à la hauteur. On prend l'autoroute. Il y avait beaucoup de monde, c'est un samedi soir. C'est pour ça qu'il est venu me chercher à 17h00, pour anticiper. J'arrive à voir la tour de Tokyo, tout illuminée d'orange et de jaune — c'était vraiment sympa. On passe un bon moment en voiture, on rigole bien, petite musique sympa. On dirait qu'on se connaît depuis des années, c'est une sensation étrange. Nous voilà arrivés au restaurant. On dépose la voiture en bas et on se dirige vers une montée où se trouvent des bungalows. Une dame habillée en costume traditionnel vient nous accueillir. Il y a plein de bungalows et nous allons vers le nôtre. Les jardins autour sont très typiques, le bungalow aussi. J'ai l'impression d'être entrée dans une autre époque, plus ancienne. J'adore tellement — c'est tout ce que j'aime et ce dont j'ai rêvé. J'ai l'impression d'être dans un film. On entre, on laisse nos chaussures à l'entrée. Sur la droite, une petite pièce avec des toilettes, et on arrive à la pièce principale avec au milieu une table carrée en bois, des tatamis tout autour et deux chaises. Au centre de cette table en bois, un grill. Une fenêtre coulissante très typique au fond donne sur le jardin. Rien d'autre. Épuré, ancien et typique.

Nous nous asseyons, on met les pieds au centre en dessous de la table et on se laisse servir par cette charmante dame qui me semble être la propriétaire. Elle vient nous apporter des plats et nous cuisine des légumes, de la viande sur ce grill au centre de la table. Je me suis régalée, j'ai passé un très bon moment. Les plats se sont enchaînés — une telle variété de produits, de couleurs, de vaisselle. Plein de mets que je n'avais jamais mangés. Tout était soigneusement assemblé dans les assiettes ou autre support, comme un coquillage. Même la présentation du beurre était soignée. Les desserts, c'était un festival en bouche. J'ai vraiment tout aimé. On a bien rigolé aussi, on a, je pense, passé un moment unique tous les deux. On quitte le restaurant rassasié et j'enlève mes talons, car la descente était pentue et glissante ,il avait plu entre-temps et le sol était humide. Cette audace et cette folie ont bien fait rire Take et les serveurs qu'on rencontrait sur le chemin en descendant. Arrivés à la réception, on règle le repas. Il m'a invitée, il était content de l'avoir fait. Ce moment restera gravé en moi pour toute ma vie.

On a repris la voiture et on est partis se balader. Ce soir-là, il y avait une pleine lune qui éclairait la mer de façon majestueuse. Il faisait vraiment bon, c'était un moment très agréable. Il voulait me montrer un temple, car certains sont éclairés et accessibles la nuit, mais ce soir-là il ne l'était pas. Ce n'était que partie remise — on irait le visiter le lendemain. Cela nous a permis de nous promener sous cette lueur et ce vent. Il m'a montré le fameux et typique train de Kamakura. J'étais sur un petit nuage. On a longé la baie de Kamakura, cette baie illuminée me faisait penser à l'endroit où j'habite. Par moments, j'avais l'impression de l'avoir ramené chez moi. Sur ce, direction l'hôtel pour pouvoir se reposer et reprendre des forces pour la grande journée qui nous attend demain.

Réveil très matinal. Le soleil se lève et se reflète sur les gratte-ciels que je peux voir de ma chambre d'hôtel. Un peu fatiguée et pas beaucoup dormi, mais peu importe — c'est ma dernière journée au Japon, alors on se reposera dans l'avion du retour.

On s'arrête dans une chaîne de restaurants pour prendre notre petit-déjeuner. Il en prend un très traditionnel — pour ma part, ce ne sera qu'un grand café. Je me sens vraiment incluse dans cette société. J'observe tous les gens qui se restaurent dans ce silence et ce respect qui les caractérisent. Tout est très moderne et le mobilier est épuré, aux couleurs beige. C'est très apaisant comme endroit, l'idéal pour se réveiller en douceur et prendre son petit-déjeuner.

Petit-déjeuner pris, on file dans une boutique de location d'habits traditionnels. C'était sa surprise pour moi. Au-delà d'un rêve qui se réalise, je crois qu'à ce moment-là je me suis laissée porter tellement c'était fort en émotions. Mon cerveau s'est mis sur off et seules mes émotions se sont mises en action — je me suis laissée guider. Dans ma tête, je revois le film “Mémoires d'une geisha ”.  

Face à moi, des habilleuses me laissent le choix de la couleur du kimono que je vais porter. Mon choix se porte sur un jaune clair avec des fleurs blanches. Ensuite, je dois trouver les accessoires qui vont avec : les sandales "Okobo", le sac "Hakoseko", la coupe de cheveux avec les accessoires — pinces et ornements "Kanzashi". Une fois tous les accessoires choisis, elle m'habille. Tout d'abord le juban, protection que l'on place sous le kimono. Ensuite ce dernier, serré par une ceinture que l'on appelle "obi", puis un petit bijou qui s'attache avec une cordelette autour de l'obi et qu'on appelle "obijime". Ma tenue est presque complète. Je glisse les chaussettes prévues, les "tabi" — le gros orteil est séparé du reste des doigts de pieds, et elles sont blanches. Lui se fait également habiller de son côté. Nous nous retrouvons à l'accueil. Je sors de ma cabine et je le vois apparaître en costume traditionnel. Il est magnifique. Il est grand en plus, cela lui va bien — il est très charismatique. Lui ainsi que les filles du magasin sont sous le charme de ma tenue. Elles me disent qu'elles trouvent que les kimonos vont mieux aux étrangers qu'aux Japonais. Je suis très heureuse de ce compliment. Nous voilà partis tous les deux, hauts en couleur. Je suis fière d'être à son bras et cela semble réciproque. On décide de visiter cinq temples en tenue : Zeniarai Benzaiten, Sasuke Inari Shrine, Great Buddha of Kamakura, Horokuji Temple Bamboo Forest Matcha, Tsurugoaka Hachimangu Shrine.

Je me sentais bien, très fière de porter une tenue que j'avais choisie de A à Z, mais aussi un peu gênée face au regard des Japonais que je croisais. Je ne voulais pas empiéter sur leur tradition et leur culture — le fameux syndrome de l'imposteur qui me caractérise parfois.

Take me rassurait en me traduisant tous les commentaires des personnes que l'on croisait. Il en ressortait globalement que je le portais bien et que ça m'allait bien.

On arrive dans un temple : Zeniarai Benzaiten Ugafuku-jinja.

Il est plus communément appelé Zeniarai Benten (銭洗弁天).

  • Zeniarai (銭洗) signifie littéralement "lavage de monnaie".

  • Ce sanctuaire shintoïste est dédié à Benten (Benzaiten), une déesse associée à l'eau, à la musique et à la richesse.

À l'entrée du site principal, on achète un kit qui comprend généralement un petit panier en bambou et des bougies ou bâtons d'encens.

On allume l'encens ou les bougies pour purifier notre esprit avant le rituel.

La tradition veut que si l'on lave son argent (pièces ou billets) dans la source sacrée située à l'intérieur de la grotte du sanctuaire, la fortune ainsi purifiée doublera. Take me montre la marche à suivre. On rentre dans une grotte. Au fond, il y a de l'eau de source avec des louches. On prend une corbeille en osier, on y place l'argent qu'on souhaite. Avec la main droite, on prend une louche qu'on remplit d'eau et on arrose l'argent en question. On le fait deux fois, ensuite on repose la louche. Ensuite, toujours dans la même grotte, on se dirige vers une grosse cloche. On saisit la corde à laquelle elle est reliée et on la fait sonner. En même temps, on adresse notre prière pour connaître l'abondance financière.

Deuxième temple en vue , le grand Bouddha de Kamakura. Il est immense. Cette statue est impressionnante — on se sent tout petit à côté. On a fait des clichés ensemble avec nos tenues. Beaucoup de personnes autour se sont portées volontaires pour nous photographier, c'était très gentil de leur part. Malgré le monde qui entoure cette statue de Bouddha, on ressent une belle énergie. Je me suis mise à la fixer et c'est comme si personne n'était autour de moi. Il n'y avait plus que lui et moi. C'était très solennel comme moment, même religieux, même si je ne partage pas cette religion que j'aime beaucoup et que je respecte.

Notre visite continue vers le quatrième temple et sa forêt de bambous. C'est si calme et apaisant. On parcourt cette allée entourée de bambous, les uns plus élevés que les autres. On est vraiment au cœur d'une nature qui nous fait de la place et qui est imposante. C'est un réel moment d'apaisement. Je me sens tellement alignée et à ma place là.

Au milieu de ces bambous, il y a un endroit où l'on vous fait une dégustation de thé matcha fait minute. On décide de s'asseoir pour en déguster un. Ce sera mon premier — je n'en ai jamais bu auparavant. Un vrai délice, mais il y a un procédé à respecter pour le boire. Take me l'explique : il faut prendre un des bonbons devant nous, acidulé, et boire en même temps le thé matcha. Cela diminue son amertume, l'umami (la cinquième saveur fondamentale, riche et savoureuse). Ce moment avec Take, en tenue traditionnelle, en train de boire un thé matcha en plein milieu d'une forêt de bambou restera gravé dans mon esprit toute ma vie. Il me rappelle l'importance de vivre le moment présent, de rester dans l'émerveillement de chaque instant, de chaque objet, de chaque action — bref, d'être vivante. Cela me fait un bien fou, moi qui en France ne prends pas beaucoup conscience de tout, vis rapidement, prise dans mon quotidien et ma routine. On passe nos journées parfois sans qu'elles nous marquent ou que l'on vive quelque chose de génial. Je sais que c'est notre société qui veut ça. C'est pour ça que ce petit moment suspendu me fait un bien fou.

Au fil des visites des temples, je suis surprise de l'engouement des gens qui veulent nous prendre en photo avec notre portable pour qu'on ait de beaux souvenirs. En parlant de souvenirs, lors de la visite de notre dernier temple, on s'est acheté une amulette qu'on s'est offerte mutuellement. Il m'a demandé la couleur que je souhaitais — j'ai choisi la rouge et lui a choisi une bleue. C'est lui qui a eu cette idée. On a fait le vœu d'être protégés dans la vie et qu'elle nous porte chance. Il m'a indiqué qu'on devait la placer dans notre portefeuille respectif. Il faut savoir que ces amulettes sont vendues par de jeunes femmes qui servent dans les sanctuaires shintoïstes au Japon. Elles sont appelées les Miko (巫女).

Les Miko sont des assistantes des prêtres shintoïstes. Elles participent aux tâches cléricales quotidiennes, exécutent des danses cérémonielles sacrées (kagura), et s'occupent de la vente des objets rituels aux visiteurs.

Elles vendent principalement des Omamori (お守り)ces amulettes japonaises porte-bonheur ou protectrices, traditionnellement vendues dans les sanctuaires shinto et les temples bouddhistes.

Traditionnellement, les Miko étaient souvent de jeunes femmes célibataires (et vierges dans le sens ancien du terme, lié à la pureté rituelle) qui quittaient leur service une fois mariées. De nos jours, le rôle est parfois occupé par des étudiantes à temps partiel ou des femmes célibataires, et la condition de « virginité » n'est plus aussi strictement interprétée ou exigée qu'historiquement, bien que l'idée de pureté rituelle demeure centrale.

Elles sont facilement reconnaissables à leur tenue traditionnelle : un kimono blanc (hakui) symbolisant la pureté, et un large pantalon rouge (hibakama).

Visite des temples terminée, le temps me rattrape et me replonge dans ma réalité. Il faut que je rentre à l'hôtel. Nous repassons par la boutique de vêtements pour nous changer. C'est avec un déchirement au cœur que je laisse ma tenue du jour, je m'y sentais tellement bien. Le fait de remettre ma tenue concrétise l'instant et marque la fin de ce beau voyage.

Il nous reste un peu de temps avant de partir de Kamakura et nous allons manger un morceau dans un petit restaurant à côté. À ce moment-là, je me suis mise à regarder et observer en détail tout ce qui m'entourait, pour graver tout ça dans mon esprit et ma mémoire. J'observe les gens qui mangent à côté de nous. Je sens les odeurs de la cuisine. J'écoute tout ce qui se passe autour ,les conversations, les silences. Et j'observe Take une dernière fois. Je le regarde manger avec envie son plateau repas. C'est que ces visites nous ont ouvert l'appétit. Je me régale une dernière fois avec des tempura de crevettes.

Sur le chemin du retour en voiture, nous sommes très silencieux. L'heure de notre séparation va arriver et je ressens qu'aucun de nous deux n'y est prêt .

Il fait tellement beau. J'observe tout le long du chemin sur l'autoroute les couleurs automnales des arbres. J'ai l'impression naïve que le Japon m'offre, pour ma dernière journée, sa meilleure apparence, avant que le soleil ne se couche. Je sens des larmes couler sur mes joues.

Je voyais le temps défiler et je me rendais compte que je ne reverrais plus Take, que ces trois jours se terminaient et que demain j'allais quitter le Japon. Une fois arrivés devant l'hôtel, il se gare et on discute. Je le remercie infiniment pour ces trois jours magiques. Grâce à lui, j'ai pu être en immersion totale avec le vrai Japon, connaître les coutumes et rituels religieux. Il a su m'expliquer le Japon, sa position dans le monde, la mentalité — c'est différent de la France et de l'Europe. Je n'oublierai jamais notre rencontre et tous ces bons moments passés ensemble.

Après de longs adieux et des yeux trempés, je regagne ma chambre pour préparer mes valises. Le jour se couche. La nuit se rajoute à ma peine. Je reste dans le noir et observe une dernière fois depuis ma fenêtre les rues éclairées, les buildings. J'essaie de prolonger encore cette connexion. Il n'y a plus de voitures qui circulent, ou très peu. Personne n'est dehors. Il est très tard mais je n'arrive pas à dormir. C'est comme si en dormant j'allais manquer encore de ce Japon que j'aime tant, alors je joue un peu les prolongations. J'ai des souvenirs plein la tête et des émotions dans le cœur.

Lendemain, réveil matinal. J'ai dû dormir deux heures. On prend la navette de l'hôtel, direction l'aéroport. Sur le trajet, je me remémore, un peu groggy, ces trois jours. J'ai vécu en si peu de temps tellement de choses, ressenti tellement d'émotions. Je me sens riche de tout ça, même si j'ai la gorge serrée et la boule au ventre. L'avion décolle et j'ai le sentiment, en quittant le sol japonais, d'y avoir laissé mon cœur et une partie de moi.

Je suis reconnaissante de tout ce que j'y ai vécu. J'ai passé un séjour magnifique et intense, riche en couleurs. Je ne l'oublierai jamais. Merci à ma sœur et mon beau-frère de m'avoir permis de le vivre, et à Take pour m'avoir fait rêver et avoir mis dans ma vie un but. J'ai compris avec le recul que le Japon avait une place à part dans ma vie et qu'il faisait partie de moi, que cela remonte à plus loin que je ne le pense et que ce voyage a révélé en moi mon Ikigai. J'ai enfin trouvé ma voie et le Japon en fait partie.

Ce premier retour aux sources m'a laissée avec un immense sentiment de gratitude. Le Japon a cette manière unique de nous transformer, et je suis repartie le cœur léger, habitée par une sérénité nouvelle.

Mais l'aventure ne s'arrête pas là. En mars 2026, j'ai eu la chance d'y retourner pour une immersion de 15 jours, du 8 au 24 mars. Ce second voyage a été une expérience totalement différente, encore plus profonde, que j'ai hâte de partager avec vous dans de prochains articles.

Au-delà des paysages, ce sont les concepts philosophiques japonais qui m'ont le plus marquée. Très bientôt, je vous parlerai de la manière dont nous pouvons adapter ces sagesses ancestrales à notre quotidien occidental pour vivre de façon plus alignée et apaisée.

Merci de m'avoir lue, et à très vite pour la suite de ce carnet de voyage !

Mata ne


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